Migrer d’hébergeur sans perdre son référencement
Une migration bien menée est invisible pour vos visiteurs comme pour Google. Voici la procédure, et les deux pièges qui font échouer les autres.
Exploiter
Le nombre de visites mensuelles ne veut rien dire. Ce sont les requêtes simultanées et la part non cachable qui mettent un serveur à genoux.
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Quand un site grandit, le réflexe est de prendre un serveur plus puissant. C'est souvent la solution la plus coûteuse et la moins efficace, parce qu'elle finance un gaspillage plutôt qu'elle ne le corrige.
Ce guide propose l'ordre inverse : mesurer, optimiser, puis dimensionner, en franchissant les paliers d'architecture un par un plutôt que de sauter directement au plus complexe.
Le nombre de visites mensuelles est un mauvais indicateur, et c'est pourtant celui que tout le monde utilise. Deux sites recevant cent mille visites par mois peuvent solliciter leur serveur dans un rapport de un à cent.
Ce qui compte réellement, ce sont trois autres grandeurs.
Avant de dimensionner, mesurez ces trois grandeurs sur votre site réel. Un hébergement choisi sur un nombre de visites mensuelles est dimensionné sur une moyenne, alors que ce sont les pics qui le mettent à genoux.
C'est l'ordre qui fait gagner le plus d'argent, et c'est presque toujours celui qu'on inverse. Payer un serveur trois fois plus puissant pour compenser un site qui gaspille dix fois trop de ressources revient à financer le gaspillage.
Ces cinq actions coûtent peu et suffisent fréquemment à faire tenir sur un hébergement modeste un site que l'on croyait condamné à migrer.
Quand l'optimisation a été faite et que la charge reste trop élevée, la montée en infrastructure suit une progression assez régulière.
| Palier | Architecture | Ce qu’il résout |
|---|---|---|
| 1 | Un serveur unique, cache activé | La grande majorité des sites |
| 2 | Serveur plus puissant, CDN devant | Le volume transféré et les pics modérés |
| 3 | Base de données sur une instance séparée | La contention entre le web et la base |
| 4 | Plusieurs serveurs web derrière un répartiteur | Les pics importants et la tolérance de panne |
| 5 | Mise à l’échelle automatique, cloud | Les charges très variables et imprévisibles |
Chaque palier ajoute du coût mais surtout de la complexité d'exploitation. Passer directement au palier 4 pour un site qui tiendrait au palier 2 revient à créer des problèmes que l'on n'avait pas.
C'est l'étape qui apporte le plus de bénéfice pour la complexité ajoutée, et elle est souvent négligée au profit d'une simple montée en puissance du serveur.
Sur un serveur unique, le serveur web et la base se disputent le processeur, la mémoire et les entrées-sorties. Sous charge, ils se ralentissent mutuellement : le web attend la base, qui attend le disque saturé par le web.
Isoler la base sur sa propre instance supprime cette contention et permet de dimensionner chaque composant selon son besoin réel. Une base managée ajoute en prime les sauvegardes automatiques et la restauration à un instant donné.
Le signe caractéristique qu'il faut franchir cette étape : les pages publiques restent rapides grâce au cache, mais l'administration du site et les pages connectées deviennent très lentes aux heures de pointe.
Passage média, campagne publicitaire, opération commerciale : quand le pic est prévu, il se prépare, et cela change tout par rapport à un pic subi.
Ne déployez aucune modification la veille d'un pic prévu. La combinaison d'un changement récent et d'une charge inhabituelle est le scénario qui produit les pannes les plus difficiles à diagnostiquer, exactement au moment où vous en avez le moins le temps.
Il n'y a pas de seuil en nombre de visites. Un site bien mis en cache tient plusieurs dizaines de milliers de visites mensuelles en mutualisé. Un site sans cache avec des pages personnalisées peut saturer bien plus tôt. Les signaux à surveiller sont les erreurs 503 et la dégradation du temps de réponse aux heures de pointe.
Il décharge le serveur de la diffusion des fichiers statiques, ce qui règle les problèmes de bande passante mais pas ceux de génération de pages dynamiques. C'est un complément très efficace, pas un substitut.
Une migration bien menée est invisible pour vos visiteurs comme pour Google. Voici la procédure, et les deux pièges qui font échouer les autres.
La question n'est pas de savoir lequel est le meilleur, mais qui assume l'administration du serveur.
Entre 40 € et plusieurs milliers d'euros par an. Voici ce qui fait varier le montant, et les postes que l'on découvre en cours de route.