Hébergeurs associatifs et coopératifs français

Un modèle non lucratif, souvent adossé aux logiciels libres et à une gouvernance partagée.

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À côté du marché commercial existe un écosystème d'hébergeurs associatifs et coopératifs, souvent liés à la Fédération des fournisseurs d'accès à Internet associatifs ou au mouvement du logiciel libre.

Leur promesse : héberger au prix coûtant, sans exploitation des données, avec une gouvernance ouverte à leurs membres.

9 hébergeurs référencés sur ce segment

Tableau complet des hébergeurs que nous avons recensés. Les tarifs sont des prix d'appel : le montant au renouvellement est souvent supérieur.

Hébergeurs pour Hébergeurs associatifs
HébergeurPaysDatacenter principalLien vers l'offre
Alsace Réseau NeutreFranceStrasbourg (France)Voir l'offre
AquilenetFranceBordeaux (France)Voir l'offre
ChaprilFranceFranceVoir l'offre
DeuxfleursFranceFranceVoir l'offre
ILLYSEFranceLyon (France)Voir l'offre
La Mère ZaclysFranceFranceVoir l'offre
OuvatonFranceFranceVoir l'offre
Tetaneutral.netFranceToulouse (France)Voir l'offre
Web4allFranceFranceVoir l'offre

Un écosystème, pas une catégorie de prix

On classe souvent ces structures dans l'hébergement bon marché, ce qui passe à côté de leur raison d'être. Elles ne cherchent pas à être moins chères que le marché, elles cherchent à ne pas être un marché. Le prix bas est une conséquence de l'absence de marge, pas un argument commercial.

Deux mouvements structurent cet écosystème en France. D'un côté, les fournisseurs d'accès associatifs, réunis dans une fédération, héritiers d'une tradition qui remonte aux débuts de l'Internet français et souvent engagés sur la neutralité du réseau. De l'autre, un collectif d'hébergeurs alternatifs né au milieu des années 2010 autour du logiciel libre, dont la charte impose transparence, absence d'exploitation des données et logiciels ouverts.

Ces structures sont petites, souvent locales, et leurs services varient beaucoup de l'une à l'autre. Certaines hébergent des sites, d'autres surtout des services en ligne comme le partage de fichiers, la visioconférence ou les outils collaboratifs. C'est un annuaire à parcourir, pas un catalogue à comparer.

Ce que vous gagnez

  • Un modèle économique lisible. Vous payez le coût du service, pas une marge ni un budget publicitaire. Les comptes sont souvent publics.
  • Aucune exploitation de vos données ni de celles de vos visiteurs. Ce n'est pas une promesse commerciale, c'est le principe fondateur, et il est vérifiable par les statuts.
  • Des logiciels libres, donc pas d'enfermement dans un outil propriétaire, et la possibilité de partir avec ses données dans un format ouvert.
  • Une gouvernance à laquelle vous pouvez participer si vous adhérez, ce qui n'a aucun équivalent dans le secteur commercial.
  • Un ancrage local pour beaucoup d'entre elles, avec des interlocuteurs que l'on peut rencontrer.

Ce que vous perdez, et qu’il faut accepter

Une page qui ne dirait que du bien de ce modèle rendrait un mauvais service à ceux qui envisagent d'y aller. Trois limites sont structurelles, et elles ne se corrigeront pas.

Le support est bénévole

Les personnes qui vous répondront le font sur leur temps libre, souvent le soir et le week-end. Elles sont généralement compétentes et disponibles, mais elles ne sont contractuellement tenues à rien. Un incident un mardi après-midi peut attendre le soir. Pour un site qui encaisse des commandes, ce n'est pas tenable.

Il n’y a pas de garantie de service

Pas d'engagement contractuel de disponibilité, pas de pénalité, pas de recours commercial. C'est cohérent avec le modèle : on ne peut pas exiger d'un collectif bénévole ce qu'on achète à une société. Mais cela disqualifie ces structures pour tout ce qui a un enjeu financier.

Les ressources sont modestes

L'infrastructure est dimensionnée pour des sites associatifs et personnels, pas pour du trafic important ni pour des applications gourmandes. Cela suffit très largement à un site d'association, à un blog ou à un outil interne. Cela ne suffit pas à une boutique en croissance.

La bonne façon de voir les choses : ce n'est pas un hébergeur moins cher, c'est un hébergeur différent, avec une contrepartie explicite. Si ce que vous cherchez est un service commercial à prix réduit, plusieurs hébergeurs français d'entrée de gamme répondront mieux à votre besoin.

Comment choisir et comment s’y prendre

La démarche ne ressemble pas à un achat en ligne classique, et c'est déroutant la première fois.

  • Regardez ce que la structure héberge réellement. Certaines font du site web, d'autres uniquement des services en ligne. La liste des services figure sur leur site, souvent sans page de vente.
  • Vérifiez la couverture géographique quand il s'agit d'un fournisseur d'accès associatif : plusieurs sont volontairement locaux.
  • Attendez-vous à une adhésion plutôt qu'à un abonnement : le modèle courant est la cotisation annuelle, parfois à montant libre.
  • Prenez contact avant de vous engager. Le délai et le ton de la réponse vous renseigneront mieux que n'importe quelle page de présentation.
  • Prévoyez vos propres sauvegardes. Cela vaut partout, et particulièrement ici où aucune garantie contractuelle ne vous couvre.

Une dernière remarque, qui vaut d'être dite : ces structures vivent de leurs membres. Y adhérer n'est pas seulement acheter un service moins cher, c'est financer une infrastructure indépendante. Pour une association ou un projet militant, c'est souvent la cohérence qui décide, plus que le prix.

À qui cela s'adresse

  • Associations
  • Projets militants et collectifs
  • Sites personnels

À éviter dans ces cas

  • Sites marchands
  • Projets nécessitant une garantie de disponibilité

Budget à prévoir : Souvent quelques dizaines d’euros par an

Questions fréquentes

Faut-il adhérer pour être hébergé ?

C'est le modèle le plus courant : une cotisation annuelle plutôt qu'un abonnement, parfois à montant libre. L'adhésion ouvre aussi la participation à la gouvernance, ce qui n'a pas d'équivalent dans le secteur commercial.

Le support est-il fiable ?

Il est généralement compétent et bienveillant, et il est bénévole. Les personnes répondent sur leur temps libre, sans engagement contractuel. Pour un site associatif ou personnel, cela suffit largement ; pour un site qui encaisse des commandes, non.

Ces structures hébergent-elles des sites web ?

Certaines oui, d'autres se concentrent sur des services en ligne comme le partage de fichiers, la visioconférence ou les outils collaboratifs. Il faut regarder structure par structure : c'est un annuaire à parcourir, pas un catalogue à comparer.

Que se passe-t-il si la structure s'arrête ?

C'est un risque réel pour de petites organisations bénévoles. La contrepartie est qu'elles utilisent des logiciels libres et des formats ouverts, ce qui rend vos données récupérables. Prévoyez vos propres sauvegardes, ici plus encore qu'ailleurs.

Peut-on héberger un site professionnel chez un hébergeur associatif ?

C'est techniquement possible mais rarement adapté : ces structures ne proposent pas de garantie de service contractuelle et privilégient les usages non marchands.