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Comment tester la vitesse de son hébergement

Avant de changer d'hébergeur parce que le site est lent, encore faut-il vérifier que l'hébergeur est en cause. Il ne l'est pas si souvent.

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« Mon site est lent, je vais changer d'hébergeur » est l'une des décisions les plus fréquemment prises sur une mauvaise base. Dans une majorité de cas, le serveur répond correctement et la lenteur vient du site lui-même.

Distinguer les deux prend quelques minutes et évite une migration inutile, qui ne réglera rien et vous fera perdre du temps.

Deux mesures à ne pas confondre

Quand on dit qu'un site est lent, on mélange presque toujours deux choses très différentes, qui ont des causes distinctes et des responsables distincts.

Ce que mesure chaque indicateur
IndicateurCe qu’il mesureQui en est responsable
Temps de réponse serveurLe délai avant que le serveur envoie le premier octetL’hébergement et la configuration du site
Temps de chargement completLe délai jusqu’à l’affichage total de la pageLe poids du site : images, scripts, polices

Un site peut avoir un excellent temps de réponse serveur et mettre huit secondes à s'afficher, parce qu'il charge quatre mégaoctets d'images. Dans ce cas, changer d'hébergeur n'améliorera rien du tout.

La règle : si le temps de réponse serveur est bon mais que la page reste lente, le problème est dans le site. Si le temps de réponse serveur est mauvais, alors l'hébergement ou la configuration serveur sont en cause.

Mesurer le temps de réponse serveur

C'est la mesure décisive, et elle prend quelques secondes. Plusieurs méthodes existent, à choisir selon votre aisance technique.

  • Les outils d'analyse de performance en ligne affichent cette valeur sous le nom de temps de réponse du serveur ou délai avant le premier octet.
  • L'onglet réseau du navigateur donne la même information : ouvrez les outils de développement, rechargez la page, et regardez le détail de la première requête.
  • La ligne de commande, pour qui est à l'aise : une requête vers votre page d'accueil renvoie le temps total de réponse, sans le bruit du chargement des ressources.
Comment interpréter le résultat
Temps de réponseInterprétationAction
Moins de 200 msExcellentL’hébergement n’est pas votre problème
De 200 à 600 msCorrect, améliorableActiver ou vérifier le cache serveur
De 600 ms à 1,5 sProblématiqueExaminer le cache, la base de données, les extensions
Plus de 1,5 sAnormalHébergement saturé ou site gravement mal configuré

Tester au bon moment et au bon endroit

Une mesure unique ne veut rien dire. Trois précautions rendent les résultats exploitables.

  • Tester depuis un lieu proche de votre audience. Mesurer depuis un serveur américain un site destiné à des visiteurs français ajoute une latence qui n'existe pas pour eux.
  • Répéter la mesure à plusieurs moments, notamment aux heures de forte fréquentation. Un mutualisé saturé se comporte très différemment à trois heures du matin et à vingt heures.
  • Tester plusieurs pages, pas seulement l'accueil. La page d'accueil est souvent la mieux optimisée et la mieux mise en cache, donc la moins représentative.

Le premier chargement après une période d'inactivité est souvent plus lent, le cache étant vide. Rechargez une fois avant de mesurer, sinon vous testez la reconstruction du cache et non le fonctionnement normal du site.

Isoler la cause avant de conclure

Si le temps de réponse serveur est mauvais, quatre causes possibles, à examiner dans cet ordre parce que les trois premières sont gratuites à corriger.

1. Le cache est-il actif ?

Comparez le temps de réponse d'une page publique et celui d'une page qui ne peut pas être mise en cache, comme le panier ou l'espace connecté. Si la première est rapide et la seconde lente, le cache fonctionne et le serveur travaille correctement.

2. La base de données est-elle en cause ?

Une base encombrée de données laissées par des extensions désinstallées, ou une table d'options devenue énorme, ralentit chaque génération de page. C'est une cause fréquente et invisible.

3. Une extension est-elle responsable ?

Désactivez temporairement les extensions une par une sur un environnement de test, en mesurant à chaque fois. Une seule extension mal écrite peut multiplier le temps de réponse par cinq.

4. Le serveur est-il saturé ?

Si les trois points précédents sont propres et que le temps de réponse reste mauvais aux heures de pointe uniquement, alors l'hébergement est effectivement en cause. C'est à ce moment, et seulement à ce moment, que changer d'offre a du sens.

Ce que l’hébergeur peut améliorer sans changer d’offre

Avant de migrer, plusieurs réglages accessibles depuis le panneau de votre hébergement actuel apportent des gains parfois spectaculaires, et gratuits.

  • Passer à une version récente de PHP. Un simple réglage, un gain de performance immédiat sur tout le site.
  • Activer le cache serveur proposé par l'hébergeur, souvent bien plus efficace qu'une extension de cache.
  • Activer la compression des fichiers envoyés au navigateur, si elle ne l'est pas déjà.
  • Vérifier le type de stockage. Certains hébergeurs proposent une migration gratuite vers des serveurs plus récents à disques NVMe.

Ces quatre actions ne coûtent rien et règlent une bonne part des situations perçues comme un problème d'hébergement. Si elles ne suffisent pas, votre décision de changer reposera alors sur des mesures, pas sur une impression.

Questions fréquentes

Quel temps de réponse serveur viser ?

En dessous de 200 millisecondes, le serveur n'est pas votre problème. Entre 200 et 600 millisecondes, il y a matière à optimiser, souvent par le cache. Au-delà de 600 millisecondes de façon répétée, l'hébergement ou la configuration du site méritent un examen sérieux.

Les outils de test en ligne sont-ils fiables ?

Ils sont fiables pour comparer un site à lui-même dans le temps, à condition de toujours tester depuis le même lieu et au même moment de la journée. Comparer un résultat obtenu depuis Paris à un autre obtenu depuis New York n'a aucun sens.

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