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Hébergement web gratuit : ce que vous payez vraiment

Un serveur coûte de l'argent. Quand l'hébergement est gratuit, il faut savoir qui paie, et avec quoi.

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L'hébergement gratuit a mauvaise réputation, et souvent à raison. Mais tout regrouper sous la même étiquette fait passer à côté de solutions gratuites parfaitement sérieuses, utilisées par des professionnels.

La distinction ne se fait pas sur le prix mais sur le modèle économique : comprendre qui finance le service permet de savoir ce que vous cédez en échange.

Qui paie, et comment

Un serveur, son électricité, sa bande passante et son administration coûtent de l'argent. Quand l'hébergement est gratuit, quelqu'un paie, et il faut comprendre qui pour savoir ce que vous cédez en échange.

Les modèles économiques du gratuit
ModèleCe qui financeCe que vous cédez
Publicité imposéeLes annonceursLe contrôle de ce qui s’affiche sur vos pages
Exploitation des donnéesLa revente de données de navigationLa confidentialité de vos visiteurs
Formule d’appel commercialeLes clients qui passeront au payantRien, mais avec des limites strictes
Plateforme de déploiementLes usages professionnels de la plateformeRien pour un petit site statique
Modèle associatifLes adhésions et les donsRien, mais ressources modestes

Les deux premiers modèles sont à écarter pour tout usage sérieux. Les trois suivants sont parfaitement légitimes et méritent d'être connus, car ils répondent réellement à certains besoins.

Les coûts cachés du gratuit publicitaire

L'hébergement gratuit financé par la publicité conserve une certaine popularité pour les premiers sites. Voici ce qu'il implique réellement.

  • Des publicités que vous ne choisissez pas s'affichent sur vos pages, parfois pour des produits sans rapport, voire concurrents.
  • Une adresse en sous-domaine de la plateforme, qui n'inspire pas confiance et ne vous appartient pas.
  • Aucune garantie de disponibilité ni de sauvegarde, et aucun recours en cas de perte.
  • Des ressources très limitées, souvent incompatibles avec un CMS moderne.
  • Une portabilité incertaine : récupérer son site et ses données pour partir n'est pas toujours prévu.
  • Une fermeture possible du service sans préavis réel, phénomène qui s'est produit de nombreuses fois.

Le coût le plus élevé est celui du référencement perdu. Un site qui a accumulé de la visibilité sur un sous-domaine gratuit perd tout en cas de fermeture du service, sans possibilité de redirection. Des années de travail peuvent disparaître.

Le gratuit qui a du sens

Plusieurs formules gratuites sont proposées par des acteurs sérieux et conviennent parfaitement à certains usages. Les ignorer serait dommage.

Les plateformes de déploiement de sites statiques

Elles hébergent gratuitement des sites sans base de données, avec un réseau de diffusion mondial et un certificat inclus. Les performances sont excellentes et le modèle économique repose sur les usages professionnels. C'est objectivement la meilleure solution gratuite pour un site vitrine, un portfolio ou une documentation.

Les formules gratuites des hébergeurs

Certains hébergeurs proposent une formule gratuite à vie, généralement réservée à un usage personnel et limitée en ressources. Elle sert à découvrir la plateforme, héberger un projet d'apprentissage ou faire tourner un petit outil.

Les hébergeurs associatifs

Ils ne sont pas gratuits mais facturent au prix coûtant, souvent quelques dizaines d'euros par an, sans publicité ni exploitation des données. Pour une association ou un site militant, c'est une solution cohérente.

Point commun de ces trois voies : elles sont transparentes sur leur modèle économique. C'est le meilleur critère pour distinguer une offre gratuite acceptable d'une offre qui se rémunère sur votre dos ou celui de vos visiteurs.

Le nom de domaine reste payant

C'est la dépense incompressible, quelle que soit la solution d'hébergement retenue, et elle est modeste : entre 10 et 25 € par an.

Utiliser un sous-domaine de plateforme plutôt qu'un domaine propre revient à construire sur un terrain qui ne vous appartient pas. Vous ne pouvez pas déménager en emportant votre adresse, donc ni votre référencement, ni les liens qui pointent vers vous, ni les adresses e-mail associées.

La combinaison la plus intéressante consiste souvent à acheter un nom de domaine et à le faire pointer vers un hébergement gratuit de qualité. Vous obtenez une adresse professionnelle qui vous appartient, pour une vingtaine d'euros par an, tout en gardant la liberté de changer d'hébergement quand vous le souhaitez.

Quand passer au payant

Quatre situations justifient de sortir du gratuit, indépendamment du budget disponible.

  • Le site représente une activité professionnelle. Des publicités tierces sur vos pages ou une adresse en sous-domaine nuisent directement à votre crédibilité.
  • Vous collectez des données personnelles. Formulaire de contact, inscription, commande : vous devenez responsable de traitement et devez pouvoir démontrer où et comment ces données sont hébergées.
  • Le site doit fonctionner de façon fiable. Aucune formule gratuite ne prend d'engagement, et aucune ne vous doit assistance.
  • Vous avez besoin d'un CMS avec base de données. Les formules gratuites qui le permettent sont rares et très contraintes.

Le passage au payant coûte entre 40 et 125 € par an tout compris pour un site vitrine, domaine inclus. Rapporté au risque de perdre son site et son référencement, l'arbitrage est vite fait.

Questions fréquentes

Puis-je héberger un site professionnel gratuitement ?

Techniquement oui, avec une plateforme de déploiement de sites statiques et un nom de domaine acheté séparément. C'est même une excellente solution pour un site vitrine. En revanche, l'hébergement gratuit financé par la publicité est à écarter pour tout usage professionnel.

Le nom de domaine peut-il être gratuit ?

Certaines offres l'incluent la première année, mais il devient payant ensuite. Un domaine réellement gratuit n'existe pas : seuls des sous-domaines de plateformes le sont, et ils ne vous appartiennent pas.

Autres guides

Combien coûte un site web par an

Entre 40 € et plusieurs milliers d'euros par an. Voici ce qui fait varier le montant, et les postes que l'on découvre en cours de route.

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